Gérer ses allergies est une nécessité pour conserver les bienfaits et le plaisir de la pratique sportive.
Voici quelques stratégies pour continuer à bouger sans transformer vos séances en marathon du mouchoir.
Voici quelques stratégies pour continuer à bouger sans transformer vos séances en marathon du mouchoir.
Anticiper et planifier
- Consulter les bulletins et les alertes polliniques (via « indice pollen »).
- Éviter la pratique extérieure :
- En cas de pic pollinique (souvent en fin de matinée et en fin de journée),
- Les jours de grand vent ou de temps sec,
- Dans les zones très polluées et/ou riches en végétation allergisante.
- Le meilleur moment pour pratiquer en extérieur est juste après une pluie fine, qui « lessive » l'air et plaque les allergènes au sol.
- Éviter les surexpositions aux pollens (tonte de la pelouse, séchage du linge à l’extérieur).
Faire barrière
L'objectif est de limiter le contact physique entre les muqueuses et les allergènes.
- Protection oculaire : porter des lunettes de soleil enveloppantes pour éviter la conjonctivite allergique.
- L'application d'un baume protecteur ou d'un peu de vaseline à l'entrée des narines peut piéger les grains de pollen avant qu'ils ne pénètrent dans les voies respiratoires.
Adapter sa pratique
Le corps combat déjà l’inflammation (la congestion limite l'apport en oxygène et la réaction immunitaire fatigue). Il faut le ménager !
- S’échauffer progressivement : l'asthme d'effort est exacerbé par l'allergie. Un échauffement long permet aux bronches de s'adapter.
- Favoriser les activités modérées et progressives, réduire l’intensité en fonction des signes respiratoires. L'hyperventilation lors d'un effort intense fait pénétrer davantage d'allergènes profondément dans les bronches, ce qui aggrave les symptômes.
- Optimiser la respiration : respirer par le nez autant que possible (filtre naturel).
- Prudence avec les efforts prolongés, qui exposent davantage aux allergènes.
- Écouter son corps : il faut arrêter l’effort si vous ressentez une oppression thoracique ou des sifflements, il peut s'agir d'un asthme allergique. Une consultation chez un allergologue est alors indispensable.
- S’hydrater +++ : les muqueuses irritées ont besoin d'eau. Une bonne hydratation aide également à fluidifier les sécrétions.
Après l’effort...
C'est une étape essentielle et souvent négligée. Le pollen « colle » à vous. Si vous ne l'éliminez pas, vous continuez à le respirer toute la soirée.
- Dès la fin de la séance, douchez-vous et lavez vos cheveux (qui sont de véritables nids à pollen).
- Changez de vêtements immédiatement et ne les secouez pas à l'intérieur avant de les laver.
- Effectuez un lavage de nez au sérum physiologique ou spray d'eau de mer (pour nettoyer les fosses nasales et évacuer les particules piégées).
Se soigner
Selon les recommandations de votre médecin :
- Antihistaminiques : de préférence de deuxième génération qui ne provoquent pas de somnolence.
- Décongestionnants.
- Bronchodilatateurs (si besoin).
- Toujours avoir son traitement sur soi pendant le sport (en cas d’antécédent sévère : trousse d’urgence + stylo d’adrénaline).
- L'allergie est liée à une réaction immunitaire excessive. Traiter la cause par une désensibilisation reste souvent la meilleure option à long terme pour ne plus « subir » les saisons.
Si vous respectez tous ces conseils et que les sorties en extérieur ne sont malgré tout pas possibles pour vous… il vous reste toujours la possibilité des activités physiques d’intérieur, car l’essentiel est de bouger !
Dr Véronique Meyer, médecin fédéral
Image par Frauke Riether de Pixabay



